Le cholera |
SOMMAIRE : |
1. Symptômes, traitement, transmission par l'eau du Choléra . |
2. La bactérie responsable du Choléra : vibrio cholerae. |
3. La toxine sécrétée par la bactérie provoque les troubles biologiques. |
4. Prévention du choléra. |
5. Epidémiologie du choléra. |
6. Liens internet sur le choléra : |
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Sources principales du résumé
présenté par les étudiants
du bts analyses biologiques Jolimont Toulouse,
Mai 2001 :
Bacteriology 330 : Cholera (Vibrio cholerae)1999 Kenneth Todar
University of Wisconsin Department of Bacteriology.
Cholera, Vibrio cholerae O1 and O139, and Other Pathogenic Vibrios
,
Richard A. Finkelstein
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Le choléra
asiatique est une toxi-infection intestinale grave, hautement contagieuse,
causée
par une entérotoxine de Vibrio cholerae, bactérie qui a colonisé
l'intestin grêle.
Principaux symptômes :
vomissements
spontanés, diarrhée brutale abondante et aqueuse
entraînant
une déshydratation extrême,
une perte
rapide de liquide et d'électrolytes provoquant une acidose métabolique
et,
en l'absence
de traitement, la mort en 24 à 48 H (parfois en 12 H).
Les selles
sont liquides, afécales, incolores et inodores ; elles ont l'aspect
"d'eau de riz".
Après
la mise en place rapide d'une réhydratation par perfusion, qui maintient
le malade en vie,
la diarrhée
va se poursuivre pendant 2 à 4 jours ( 50 à 100 par jour
) puis céder spontanément.
Le choléra
peut se manifester sous forme atténuées d'entérites
banales,
généralement
non diagnostiquées, qui contribuent à la dissémination
des germes.
Les hommes
sont les hôtes naturels de V. cholerae.
Le traitement :
Les antibiotiques (tétracycline) entraînent la guérison dans 99 % des cas.
L'eau :
joue un
rôle important dans la transmission du choléra dans les campagnes
des pays
qui n'ont
aucune infrastructure correcte d'élimination et de traitement des
eaux usées
ni réseau
d'adduction d'eau potable avec protection des lieux de captation / bactéries
fécales.
D'où
les zones d'endémies en afrique, asie, et amérique du sud.
La
contamination directe des aliments avec des selles
(excrétées
par des personnes malades ou porteurs sains)
est
aussi un facteur important de transmission.
Les
mouches jouent un rôle considérable dans la dissémination
des vibrions.
Les
produits de la mer (coquillages, crabes, langoustes, mollusques)
transmettent
également le choléra "eltor".
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2.
La bactérie responsable du Choléra : vibrio cholerae.
2-1.
Caractères microbiologiques :
C'est un
bâtonnet court, gram -, légèrement incurvé et
très mobile grâce à un flagelle polaire,
de 2 à
3 µm x 0.3 µm, isolé en paire ou amas, donnant l'aspect
de bancs de poissons.
Aéro-anaérobie.
Polymorphe en culture avec des formes courtes et filamenteuses, plus ou moins incurvées.
Glucose +, mannitol +, mannose +, saccharose +. B galactosidase +, gélatinase +, indole +, oxydase +.
Réduisent les nitrates en nitrites.
Culture favorisée à pH alcalin, pH optimal = 8 , une concentration enrichie en NaCl de 3 à 8 %.
Ils cultivent entre 2 et 40 °C avec un optimum de 37°C.
Le germe
est assez fragile, il est sensible à la chaleur (tué en 5
min à 80°C) comme au froid,
sensible
aux antiseptiques, à de nombreux antibiotiques (dont les cyclines),
à
l'acidification du milieu de culture.
Leur survie
dans le milieu extérieur est variable, plus longue dans les boues,
les matières
fécales à l'abri du soleil, mais ne semble pas dépasser
quelques semaines.
Chez le
porteur, la survie est de 10 à 15 jours, parfois davantage.
Classification de GARDNER et VENKATRAMAN (1935) :
les souches
possèdent le même antigène O désigné
O:1.
Le groupe
O:1 est lui-même subdivisé en 3 sérotypes :
selon les
3 antigènes LipoPolySaccharides : A, B et C ;
on les
appelle Ogawa (AB) Inaba (AC) Hikojima (ABC) .
V. cholerae
possède des antigènes flagellaires H communs à tous
les vibrions .
2-2. Diagnostic biologique du choléra :
On peut
ensemencer les échantillons sur des milieux sélectifs et
différentiels
pour voir
apparaître des colonies typiques après 18 heures d'incubation.
On examine
aussi au microscope des colorations de Gram de prélèvements
de selles.
Une identification
définitive nécessite des réactions d'agglutination
avec des antisérums spécifiques,
ainsi que
des réactions biochimiques avec les isolats bactériens.
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Incubation
de 1 à 3 jours ( en 12 H et jusqu'à 6 jours, en 48 H en moyenne
).
L'augmentation
de la sécrétion d'électrolytes est causée par
une exoentérotoxine protéique le choléragène,
thermolabile
et sécrétée par V. cholerae.
La
toxine de Vibrio cholerae ( lien à consulter ) a une structure
semblable à celle de la toxine diphtérique.
Les vibrions
cholériques ne pénètrent pas dans les tissus, ils
adhèrent à la muqueuse et prolifèrent.
La toxine
diffuse dans les entérocytes et dérègle les fonctions
cellulaires en stimulant l'activité de
l'adénylcyclase
qui permet la formation d'AMP cyclique.
La toxine
est composée de 5 unités de liaison à la membrane
des entérocytes ( B ),
1 unité
A 1 active, 1 unité A 2 qui relie A 1 à B.
Les vibrions adhèrent à la bordure
en brosse des entérocytes et produisent localement une exotoxine.
L'exotoxine se lie par sa partie B aux
oligosaccharides du ganglioside membranaire GM1.
Un changement de conformation présente
la partie A qui pénètre dans l'entérocyte.
Le glutathion réduit le pont disulfure
qui relie A1 à A2.
L'activité de A1 s'exprime et hydrolyse
NAD+ : [ ADP-ribose] et [nicotinamide] intracytoplasmique augmentent.
Les protéines G assocées à
l'activation de l'adénylcyclase membranaire sont alors capables
de fixer ADP-ribose : (ADP-ribosylation).
Cela provoque le blocage de l'activité
GTPase associée aux protéines G,
et l'activation
permanente de l'adénylcyclase.
L'excès
d'AMPc provoque la sortie des ions Cl- vers la lumière
intestinale,
la fuite de Cl- accompagnée par une sortie de Na+,
d'eau et d'autres ions vers l'intérieur de l'intestin.
Cela provoque
: une diarrhée aqueuse riche en ions,
( déshydratation )
une acidose,
l'hypovolémie, qui induit le collapsus vasculaire et
l'insuffisance
rénale.
La mort
survient en 1 à 6 jours sans réhydratation d'urgence et apport
d'ions
( boissons
salines et glucosées, ou perfusions )pendant que le système
immunitaire
produira
les anticorps anti-vibrions. Cependant des tétracyclines hâteront
la guérison.
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4.
Prévention du choléra.
Une hygiène
personnelle et soigneuse , mains propres, utilisation du savon,
désinfection
et élimination des éléments contaminés par
les déjections et
les produits
biologiques des malades ou porteurs sains.
Traiter l'eau de boisson : la faire bouillir ! Eliminer les mouches.
Créer
des latrines dans les lieux d'épidémie et éviter de
contaminer
le système
d'élimination et d'épuration des eaux usées,
sinon les
eaux polluées rejoindront le lac, la lagune, la rivière etc...
et l'épidémie
se propagera par l'eau contaminée.
Le vaccin
anticholérique, fait de vibrions tués par la chaleur, procure
une certaine protection,
peu efficace
car limitée dans le temps à 6 mois - 1 an, et
protégeant 50 à 60 % des sujets vaccinés.
Le traitement
d'urgence associe perfusion isotonique et antibiothérapie.
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5.
Epidémiologie du choléra.
Au XIXe
siècle, 6 pandémies mondiales ont causé la mort
de centaines
de milliers de personnes en Asie, en Afrique et en Amérique.
Presque
toutes ces pandémies se sont répandues à partir des
foyers traditionnels
localisés
au Bangladesh et en Inde (delta du Gange).
Les épidémies
récentes et récurrentes sont fréquemment liées
à Vibrio de type el tor,
par exemple
au Pérou en 1991.
La dernière
épidémie a eu lieu le 27 novembre 2000 en Afrique du sud,
et recense
5876 cas dont 35 morts.
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6. Liens internet sur le choléra :
Site en anglais 1999 Kenneth Todar University of Wisconsin Department of Bacteriology :
Cholera, Vibrio cholerae O1 and O139, Richard A. Finkelstein .
Le cholera ( site hygiène alimentaire ) par B. PEIFFER
Site de l' OMS, tous les communiqués de presse, aide-mémoire
et OMS Information
peuvent être obtenus sur Internet à l'adresse suivante
:
http://www.who.int
et fiche
d'information sur le cholera et surveillance
des maladies.
Le cholera site de planete-homeo. par le Dr Vera Maria Moreira.
Pour la science article sur les pandémies de cholera, libre d'accès, n° 252 d' octobre 1998 :
Le
hussard sur le toît : Entretien
avec le réalisateur Jean-Paul Rappeneau
une "fresque intimiste" tirée du
célèbre roman de Jean Giono,
avec Juliette Binoche et Olivier Martinez.
La Provence ravagée par le choléra, qui fit, cette
année-là, 100 000 morts dans toute la France.
site référencé par la diplomatie.fr (site officiel
du ministère des affaires étrangères)
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